Site de l'université de Franche-Comté
UFR SLHS

APPEL OUVERT et ARGUMENTÉ
de l’UFR DES SCIENCES DU LANGAGE, DE L’HOMME ET DE LA SOCIÉTÉ  
(SLHS, Université de Franche-Comté / UBFC, Besançon)

à Madame la Ministre de l’Enseignement Supérieur,
de la Recherche et de l’Innovation


POUR
LA RELABELLISATION NATIONALE DES ANCIENNES ÉQUIPES D’ACCUEIL (EA)


ET POUR
UNE VÉRITABLE RECONNAISSANCE SCIENTIFIQUE, DANS LA FUTURE LPR,
DES ”SCIENCES HUMAINES et SOCIALES“ DANS TOUTES LEURS SPÉCIFICITÉS



Besançon, le 19 octobre 2020


Nous lançons cet appel en tant qu’Unité de Formation et de Recherche, avec ses laboratoires, ex Équipes d’Accueil et UMR solidaire, les départements de formation qui leur sont adossés, dont plusieurs sont transcomposantes, et ses personnels.
Nous le faisons en ayant le même souci commun de la qualité et de l’efficience de la recherche publique et de la formation comme de toutes les missions qui sont les nôtres, et cela, toutes tendances politiques et syndicales confondues, dans la ligne de ce qui a déjà été fait*.

Madame la Ministre,

Au moment d’envoyer, le 16 octobre dernier, cet Appel ouvert tel qu’il était prévu, nous avons reçu votre réponse détaillée à la lettre et à la synthèse du 24 juillet dernier, venant elles-mêmes en réponse à votre appel à concertation du 22 juillet. Avant toute chose, nous vous en remercions.

Cette synthèse, issue de la démarche de réflexion collective initiée par l’équipe de direction de l’UFR, validée par son Conseil de gestion et coordonnée par l’assesseuse à la recherche, sur les rapports préparatoires à la LPPR et la LPPR même, a été établie à partir du dossier des motions votées lors de réunions ordinaires ou spécialement convoquées en février-mars 2020 par 18 départements et 8 laboratoires de notre UFR, et des trois rapports préparatoires ou documents les concernant. Elle visait à faire apparaître deux des inquiétudes de fond de la communauté scientifique, dont nous pensons être représentatifs et qui ne se reconnaissait pas dans les conclusions et propositions faites :

— la première était certes liée à l’écart incommensurable entre plusieurs propositions des rapports préparatoires et les attentes très concrètes qu’elle-même avait exprimées pour pallier les différentes carences existantes en moyens financiers, techniques, matériels et humains qui affectent et atrophient depuis des années l’Enseignement supérieur et la recherche. Croyez néanmoins que nous avons tous eu conscience de l’importance de la démarche initiale du ministère, qui a  publiquement reconnu cette situation critique, du rôle modérateur que vous avez joué s’agissant de plusieurs propositions peu acceptables, ainsi que des mesures proposées par le projet de loi pour commencer à y remédier et que vous soulignez : revalorisation des carrières, augmentation du nombre de contrats doctoraux et de leur financement, création d’emplois pérennes en appui à la recherche sur dix ans, simplification de l’accès aux financements de l’ANR, augmentation massive du budget de la recherche, ou prise en considération du temps nécessaire à la recherche pour les enseignants-chercheurs.

Simplement, comme vous-même l’avez fait remarquer devant la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat, « tous les voyants sont au rouge », et dans la situation implosive actuelle de l’enseignement supérieur et de la recherche, qu’aggraveront nécessairement les conséquences économiques prévisibles de la crise sanitaire qui changent déjà les données, des questions subsistent si l’on confronte l’urgence de solutions concrètes immédiates et le temps long et incertain de la programmation de la loi. 30000 places étaient annoncées début septembre dans certaines filières en tension, ce qui est bien sûr une excellente chose, mais il reste actuellement impossible de créer ou même de conserver, par manque de moyens, les postes statutaires nécessaires, ce qui met toujours en péril sur tout le territoire national des formations dites à moins grands effectifs ou au contraire en tension, et induit la disparition continue de chaires universitaires et de spécialités, voire de formations.

— la seconde inquiétude, très forte, portait et porte sur le sort global fait aux “SHS“, à peine mentionnées dans les rapports, déjà fortement aggravé par la décision abrupte, sans consultation réelle et sans phase transitoire aucune, de la suppression du label et de l’accréditation nationale des équipes d’accueil au 1er janvier 2020. Celle-ci a déjà eu des effets négatifs sensibles.

La réponse donnée reprend les termes de la lettre de la DGESIP en date d’avril 2019 avec effet au 1er janvier 2020, qui minorait dans les mêmes termes le risque de déperdition et de suppression de ces équipes tout en prévoyant déjà le risque pour les SHS.

Sur ce point, qui fait l’objet du présent et nouvel Appel argumenté à relabellisation, nous vous demandons instamment, Madame la Ministre, de bien vouloir reconsidérer personnellement la question au vu des conditions dans lesquelles cette suppression s’est faite, et tant l’enjeu est important : cette délabellisation et ce désengagement du ministère pourraient avoir pour les équipes — et donc pour la recherche fondamentale ou sur projets qu’elles conduisent comme pour les formations qui leur sont adossées — des effets plus graves qu’une situation antérieure pourtant sans moyens suffisants, et il y a sans doute d’autres solutions moins dommageables pour que les présidents d’universités puissent mettre en œuvre leur propre stratégie scientifique d’établissement. L’absence de labellisation et d’accréditation ministérielle représente en outre, pour les Sciences humaines et sociales en particulier, une réelle mise en danger, signalée du reste par les services du ministère eux-mêmes. Or ces disciplines qui, dès les premières années de Licence où formation et recherche sont liées et dans toutes les branches qui les composent, forment à la réflexion critique et épistémologique, comme à la tolérance par la connaissance de l’Autre et par conséquent de soi, sont par nature aussi essentielles que la recherche, active et novatrice, qui les nourrit.

En souhaitant que l’argumentation de l’Appel puisse infléchir votre position, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, nos respectueuses salutations,



SIGNATAIRES

Pour l’UFR des Sciences du Langage, de l’Homme et de la Société, Université de Franche-Comté/UBFC, Besançon

Le Doyen, le Directeur adjoint aux Formations, l’Assesseuse à la recherche,

Son Conseil de gestion,

Ses laboratoires, ex Équipes d’Accueil et UMR solidaire, avec leurs départements de formation adossés :

Le Centre Lucien Febvre (EA 2273)

Le C.R.I.T., Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (EA 3224)

ELLIADD, Éditions, Langages, littératures, Informatique, arts, Didactiques, Discours (EA 4661)

L’ISTA, Institut des Sciences et Techniques de l’Antiquité (EA 4011)

Le Laboratoire de Psychologie (EA 3188)

Le Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie (LaSA, EA 3189)

Le Laboratoire Logiques de l’Agir (EA 2274)

Le laboratoire ThéMA, Théoriser et Modéliser pour Aménager (UMR-CNRS 6049, UBFC)

Ses personnels


Télécharger le document pdf TEXTE DE L’APPEL ARGUMENTÉ


 Lien vers la pétition de soutien

***



Télécharger le document pdf Lettre d'information envoyée au président de la commission de de la culture,
de l’éducation et de la communication du Sénat le 27 octobre 2020



Télécharger le document pdf RÉPONSE DE LA MINISTRE EN DATE DU 6 OCTOBRE 2020 ET REÇUE LE 16 OCTOBRE


DOSSIER DES DOCUMENTS ENVOYÉS À MADAME LA MINISTRE DE L’ESRI



Télécharger le document pdf 1. Lettre en date du 24 juillet 2020, avec copie au Premier Ministre.


Télécharger le document pdf 2. Dossier des motions concernant les rapports préparatoires à la LPPR, issues des réunions organisées par les laboratoires et départements signataires.


Télécharger le document pdf 3. Synthèse établie d’après le dossier des motions, l’examen des trois rapports préparatoires et les documents les concernant.





* Voir sur le site de l’UFR le dossier des documents envoyés à Mme la Ministre de l’ESRI (lettre en date du 24 juillet 2020 avec copie au Premier Ministre ; dossier des motions, issues des réunions organisées par les laboratoires et départements signataires en février-mars (fichier lié téléchargeable par lien) ; synthèse établie d’après ce dossier, les trois rapports préparatoires et les documents les concernant). L’ensemble du dossier a également été porté à la connaissance de la CP-CNU, des groupes 3 et 4 du CNU (Sciences humaines) et, le 24 septembre 2020, de la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat (dont les rapporteurs du projet de loi de finances pour 2020 concernant la recherche et l’enseignement supérieur).