La société occidentale connaît des modifications structurelles dont le rythme va s’accélérant. Le formidable développement des techniques de communication et de leurs applications n’est pas étranger à ces turbulences et vient s’ajouter à la fragilisation et aux profonds changements des structures familiales dans lesquelles se développent les enfants d’aujourd’hui. Le fossé des générations (expression de Margaret Mead) s’est creusé, apportant des vicissitudes identificatoires nouvelles et perturbatrices. L’impact de l’audiovisuel, privilégiant l’image et l’émotion, au détriment de l’écrit et de la pensée, peut fausser le développement de la personnalité et ses périodes incontournables, notamment celle de la latence. Le refoulement ne joue plus son rôle protecteur, tant l’excitabilité pulsionnelle, érotique et agressive, envahit la vie quotidienne, notamment celle des enfants. La perversité polymorphe, repérée par Freud dans la petite enfance, n’est plus contenue par l’école et les apprentissages : elle tend à se répéter et à s’uniformiser à toutes les époques de la vie. Le partenaire virtuel existe comme objet de tous les fantasmes, sans que sa demande profonde et son altérité soient véritablement reconnues. Capitale de la Franche-Comté, Besançon s’est développée pendant des siècles dans une boucle presque parfaite du Doubs. D’abord gauloise, puis chrétienne, Besançon devient ville impériale par son rattachement à l’empire germanique. C’est en 1656 qu’elle est restituée à l’Espagne, puis définitivement rendue à la France grâce à Louis XIV et à Vauban par le traité de Nimègue en 1678. Besançon a vu naître une quarantaine d’écrivains dont Victor Hugo (1802-1885) :
« Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte ;
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l’empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l’air qui vole,
Naquit d’un sang breton et lorrain à la fois,
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix.
C’est moi. »
Les feuilles d’automne, Victor HugoLe colloque se tiendra dans le Kursaal, au cœur de la vieille ville, derrière le palais Granvelle, tout près de l’ancien jardin où trône la statue de Victor Hugo.